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Bref historique sur le mouvement psychosomatique
Plusieurs courants théoriques en psychosomatique se sont développés et continuent de se diversifier... qu'il s'agisse de travaux individuels ou de cliniciens
regroupés au sein d'institutions, chacun tente de construire - ou de reconstruire - un modèle théorique qui lui paraît être en adéquation avec sa propre expérience clinique. Si
la diversité des modèles témoigne d'une grande richesse heuristique, elle atteste également l'échec de toute tentative de formalisation globalisante, nécessairement subjective et
réductrice face à l'extrême complexité de l'humain, et à l'extraordinaire inventivité du symptôme qui semble se jouer de tous les pièges de la rationalisation.
"Nous aimerions tous penser qu'on sait, mais on ne sait pas grand-chose." Joyce McDougall Interviewée par
Alain Fine et Gérard Szwec - in Revue française de psychosomatique n° 21 - PUF - 2002
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Nom
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Période
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Repères / points théoriques
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J.C. Heinroth
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1773-1843
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Médecin allemand ayant introduit le terme
psycho-somatique en 1818
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Auguste Liébault
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1823-1904
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Médecin français, fondateur de l'Ecole de Nancy. Il réintroduisit l'hypnose
pour traiter les maladies organiques alors que cette méthode était tombée depuis plusieurs années en discrédit, considérée comme charlatanesque et dangereuse . Le succès fut
immédiat pour les patients, mais ses confrères le considérèrent comme un charlatan.
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1840-1919
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Médecin français qui développa la méthode d'Auguste Liébault basée sur l'hypnose et la suggestion. Grâce à sa réputation déjà solidement établie, il
réhabilita ainsi l'hypnose en étant le véritable chef de file de l'Ecole de Nancy. La méthode fut baptisée psychothérapie.
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Jean-Martin Charcot
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1825-1893
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Médecin français, il fut le chef de file de l'Ecole de la salpêtrière. Il utilisait l'hypnose non pour
soigner, mais pour reproduire expérimentalement des paralysies ou des crises hystériques. Il démontra ainsi, contrairement à toutes les idées médicales répandues de l'époque,
que l'hystérie n'est pas d'origine organique (absence de lésions), mais fonctionnelle : la névrose se caractérise donc par l'absence de lésion organique.
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Sigmund Freud
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1856-1939
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Médecin, neurologue viennois, inventeur de la psychanalyse. Il a suivi les cours de
Charcot à Paris, et établi une distinction entre les psychonévroses (troubles psychiques ou somatiques liés à des conflits inconscients
infantiles non résolus : la maladie a un sens symbolique) et les névroses actuelles (maladies organiques liées à des dysfonctionnements
actuels, ne trouvant pas leur origine dans des conflits infantiles : la maladie n'a pas de sens symbolique). Pour Freud, les maladies dites "psychosomatiques" rentreront dans le
cadre nosographique des névroses actuelles.
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1866-1934
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Médecin allemand, il fut selon Freud lui-même, le précurseur de la psychosomatique. Il Introduisit le terme "ça" qui sera repris par
Freud dans un sens très différent, dans sa 2ème topique: ça, moi, surmoi. Pour Groddeck, psyché-soma ne font qu'un. Toute maladie est symbolique, et est créée par
le ça.
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Franz Alexander
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1891-1964
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Médecin, psychiatre, psychanalyste hongrois, cofondateur de l’École de Chicago. Il va chercher :
- à établir une correspondance typologique entre personnalités et maladies,
- à identifier certaines maladies spécifiques, susceptibles d’être déclenchées par des situations émotionnelles types. Il proposera une nosographie de maladies typiquement
"psychosomatiques".
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Helen Flanders Dunbar
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1902-1959
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Psychiatre, psychanalyste membre de la Sté psychanalytique de New York et élève de Franz Alexander. A l'origine de l'Ecole de New
York, elle va procéder pendant 12 ans, à une large étude sur près de 1 600 patients atteints de diverses pathologies. Elle a proposé un classement de personnalités
types susceptibles de déclencher certaines maladies (par exemple, le "type A" présente des risques de maladies coronariennes). Toutefois ces résultats
ne se recoupent pas vraiment avec l'investigation psychosomatique actuelle qui est beaucoup plus fine et ne peut s'évaluer qu'au cas par cas. Des corrélations ont cependant été relevées entre la maladie, les antécédents médicaux, et l'histoire
personnelle de chaque patient marquée par des événements traumatiques significatifs.
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Felix Deutsch
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1884-1964
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Médecin, psychanalyste (mari de Helen Deutsch) et médecin personnel de Freud à partir de 1923. Il collabora aux études de
Dunbar et d'Alexander (ci-dessus), et fut le premier à enseigner la psychosomatique à l'université de Washington à Saint-Louis. Il fondera
l'Association psychanalytique de Boston, dite École de Boston. Il pensait, comme Ferenczi, que la psychanalyse était en mesure de traiter les maladies
organiques.
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Pierre Marty
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1918-1993
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Psychiatre, psychanalyste, ses travaux connaîtrons un succès international grâce à la notion de "pensée opératoire"
publiée en 1963 en collaboration avec M. de M'Uzan. Marty fonde l'Institut de psychosomatique de Paris en 1972 (IPSO), ou École de paris. Elle réunit un certain nombre de psychanalystes de la SPP : M. Fain, M. de M'Uzan, Ch. David, auxquels se sont
joints d'autres psychanalystes. Les successeurs de Marty poursuivent et enrichissent leurs travaux qui restent actuellement une référence dans le paysage de la psychosomatique
contemporaine.
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Quelques auteurs contemporains
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Joyce McDougall
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Psychanalyste, membre de la SPP, ayant une notoriété internationale, elle refuse tout dogmatisme, ses théories s'étayant essentiellement sur sa riche expérience clinique. Selon
elle, tous les symptômes : névrotiques, psychotiques, ou psychosomatiques sont des solutions de survie psychique, des tentatives d'autoguérison. Elle proposera la notion
"d'hystérie archaïque" pour définir l'expression somatique : selon elle, le corps parle ; le symptôme a un sens qui contient du "protosymbolique" (cette
conception rejoint en partie celle de J.P. Valabrega à propos de la conversion généralisée) se démarquant ici des positions de l'Ecole de Paris.
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Sami Ali
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Psychanalyste, professeur émérite à l'université Paris VII, il a créé le Centre International de Psychosomatique - CIPS
- qu'il dirige actuellement à Paris depuis 1986. Ancien disciple de P. Marty, il aborde cependant la psychosomatique d'un autre point de vue. Selon lui, c'est
le rapport à l'imaginaire qui va déterminer le mode de somatisation, la projection en étant le mécanisme primordial. Schématiquement, la maladie peut être la conséquence
:
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D'un défaut d'imaginaire lorsqu'il y a corrélation négative entre projection et somatisation (ce qui correspond aux
"névroses actuelles" (Freud) ou à la "pensée opératoire" définie par l'école de Paris)
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D'un excès d'imaginaire lorsqu'il y a corrélation positive entre projection et somatisation (ce qui correspond à la
conversion hystérique).
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